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Mes recettes de confitures insolites
Stéphane et moi-même tenions le stand de notre association, la Société d’Horticulture du Bas-Léon, dimanche dernier, lors du Marché aux Plantes à Plounévez-Lochrist, organisé par l’association Les Cinq Sens.
Pendant que Stéphane parlait plantes avec les visiteurs, je leur faisais découvrir les confitures originales ou insolites de ma fabrication.
Ils étaient enchantés de pouvoir y goûter et bien sûr tout le monde voulait les recettes. Et donc, en ce moment, je publie, sur notre site associatif, les recettes demandées :
- Confitures de cornouilles, Cornus mas, Cornus capitata.
- Compote de baies de goumi, Elaeagnus umbellata et tous les autres éléagnus.
- Marmelade de betteraves rouges.
- Confiture de baies de sureau noir, Sambuscus nigra.
- Marmelade de cynorrhodons, fruits des rosiers.
- Confiture des Anges, Angelica archangelica.
- Gelée des Anges, Angelica archangelica.
- Confiture de tamarillo, Cyphomandra betacea, tomates en arbre.
- Sirop de fleurs de pivoine.
- Confiture de pissenlit.
- Sirop de pissenlit ou miel de pissenlit (cramaillotte).
- Café de pissenlit.
Pour voir toutes les recettes, c’est ici
kenavo ar c’henta.
Mes demoiselles, les Fuchsia
Un vaste genre que celui des Fuchsia, et on y perd facilement son latin dans l’interminable liste d’espèces, de sous-espèces, de cultivars ou de variétés.
Les demoiselles, nom donné aux Fuchsia pour la mobilité de leurs corolles.
Ce mot de “demoiselle” est aussi utilisé dans la gente animale pour l’agrion (souvent confondu avec la libellule), la mésange à longue queue, la grue d’Afrique, des poissons ressemblant aux poissons-clowns et le squale-marteau.
On utilise encore le mot de demoiselle dans toutes sortes de métiers : pêche, marine et pour toutes sortes d’outils : de pavage, de bûcheron, de gantier ou de monnayeur mais encore pour des objets : bouillotte en grès.
Dans le monde végétal, c’est une variété de poire, c’est aussi le nom que l’on donne aux raisins qui mûrissent sans avoir grossi, c’est encore une forme de gerbage des céréales et c’est bien sûr les fuchsias.
Plus drôle encore, c’est aussi le nom que l’on donnait aux mécréants qui commettaient des délits en forêts.
Et encore, en météorologie, à propos d’un temps gris, l’on dit : c’est un temps de demoiselle, pour signifier sans pluie, sans vent et sans soleil.
Mais je reviens aux Fuchsia.
La famille des Onagracées regroupe 24 genres de 650 espèces environ et parmi les genres les plus connus : l’onagre, l’oenothère, le clarkia, l’épilobe, la redoutable jussie (Ludwigia) et donc le fuchsia.
Mes Fuchsia ‘Riccartonii’ sont malades, atteints par le terrible fléau de la galle du fuchsia provoqué par l’acarien, Aculops fuchsiae, lire l’article sur Garden Breizh. Je vais devoir les brûler.
Bizarrement, à côté de Fuchsia ‘Riccartonii’, se trouvent Fuchsia magellanica var. molinae (synonyme Fuchsia magellanica ‘Alba’) et Fuchsia regia subsp reitzii qui se portent comme un charme. Ils semblent donc résistants, du moins pour l’instant, et j’espère que cela continuera.
Fuchsia magellanica var. molinae :
Fuchsia regia subsp reitzii est intéressant à plus d’un titre. D’une part, il est donc résistant à la maladie et d’autre part, ses fruits, des baies luisantes de couleur pourpre foncé, presque noire, sont comestibles. Elles sont même très bonnes. On en ferait des confitures, ce que je n’ai pas encore essayé. C’est que je n’ai pas beaucoup de fruits, alors j’en picore en passant devant l’arbuste.
Le Fuchsia regia subsp reitzii est surtout reconnaissable à ses pétales incurvés.
Pour voir mes autres fuchsias, visitez mon album photos.
Et par ce temps de demoiselle,
je m’en vais picorer
quelques baies de demoiselle.
Kenavo
Ma cuisine aux fleurs
Nous cuisinons beaucoup avec les fleurs du jardin, et quotidiennement, toutes sortes de fleurs viennent agrémenter nos salades vertes et autres préparations.
Il n’est évidemment pas question d’utiliser les fleurs du commerce car elles sont traitées pour durer plus longtemps.
Les fleurs s’utilisent de différentes façons : en amuse-gueules, en beignets, en boisson, en chips, en confiture, en salade et dans de nombreux autres plats.
Et voici ma liste de fleurs et la façon dont on les prépare.
PREPARATION et FLEURS
- en amuse-gueules : disposez au centre de la fleur, le mélange de votre choix ; 1 à 2 fleurs par personne. Cela fait beaucoup d’effet sur la table.
fleur d’hémérocalle, fleurs de courgette mâle.
- en beignets : faites une pâte à crêpes épaisse. Mélangez 200gr de fécule (à préfèrer à la farine qui écrase les fleurs) avec 2 jaunes d’oeuf, 1 cuillerée à soupe de sucre, 1 pincée de sel, 10 cl de bière et de 10 à 30 cl de lait. La pâte doit être assez épaisse pour ne pas couler des fleurs. Ajoutez 2 blancs d’oeuf battus en neige.
Mettre à cuire. 2 façons de cuire les beignets :
– à la poêle très chaude : mettre tous les bouquets dans la pâte pour les en imprégner. Les disposer sur la poêle et cuire quelques secondes des 2 côtés. Egouter sur papier absorbant et saupoudrer du sucre fin.
– à la friteuse : chauffez l’huile de raisin comme pour faire des frites. Plongez une fleur dans la pâte puis dans la friture, la cuire quelques secondes, la retourner et encore quelques secondes de cuisson. Egoutez sur papier absorbant et saupoudrez de sucre fin.
fleurs d’acacia (Robinia pseudoacacia), fleurs de citronnier, fleurs mâles de courgettes, fleurs de glycine (Wisteria : attention tout le reste de la plante est toxique), fleurs de lilas (Syringa), fleurs de sureau noir (Sambuscus nigra), fleurs de tilleul (Tilia x europaea)
- en boissons :
fleurs d’aspérule (Gallium odoratum) en vin ou lait parfumé, fleurs de lavande en tisane.
- en chips cristallisés : faire sécher les pétales, les tremper dans du blanc d’oeuf battu puis dans du sucre glace. Les poser sur un papier sulfurisé et mettre au four à 60°C jusqu’à durcissement.
pétales de rose, primevère, etc.
- en chips au chocolat : faire fondre du chocolat, l’étaler des 2 côtés des pétales ou de la fleur entière et laisser sécher. Pour déguster et décorer les entremets. Les enfants adorent.
pétales de rose, primevère, etc.
- en confiture :
pétales de fleurs de pissenlit, primevère officinale (Primula veris, coucou), fleurs et feuilles de violette.
en salade verte : mélange de fleurs, de feuilles de diverses laitues, pissenlits, etc.
fleurs d’agastache, fleurs et feuilles de bégonia, fleurs et feuilles de bourrache, fleurs et feuilles de capucine, fleurs de dahlia, fleurs d’hémérocalle, fleurs de lavande, feuilles de lierre terrestre (Glechoma hederacea), fleurs de violette, fleurs de pivoine, fleurs et feuilles de pissenlit, fleurs de pensée, fleurs de phox, fleurs et feuilles des sauges, etc.
On s’amuse aussi dans la cuisine.
Kenavo
Réponse au Jeu : plantes et leurs fruits
Voici les réponses du Jeu : Une plante et son fruit :
Précisions : quand le fruit n’a pas de nom spécifique, on utilise les termes suivants :
- baie : employé pour désigner un fruit charnu renfermant des graines ou pépins.
- drupe : employé pour désigner un fruit charnu renfermant un noyau.
noms de famille : noms scientifiques et noms communs : fruits
Acéracées : Acer planatoides, érable platane : samare.
Rosacées : Amelanchier, amélanchier : amélanche, comestible.
Annonacées : Annona muricata : corossol, comestible.
Ericacées : Arbutus unedo, arbousier : arbouse, comestible.
Ericacées : Arctostaphylos uva-ursi, busserole, raisin d’ours : drupe, comestible mais en confiture.
Berbéridacées : Berberis vulgaris, berbéris, épine-vinette, vinette, vinettier, pisse-vinaigre, agrivoutat, agrivoutier : baie, comestible crue ou cuite sous toutes formes.
Fagacées : Castanea sativa, châtaignier : châtaigne, comestible.
Cornacées : Cornus mas, cornouiller mâle : cornouille, comestible bien mûre.
Rosacées : Crataegus azarolus, épine d’Espagne, aubépine du Midi, azérolier : azerolle, pomette ou cenelle, comestible.
Rosacées : Crataegus laevigata, Crataegus monogyna, Crataegus orientalis, aubépine, épine blanche, aubépine épineuse : cenelle, comestible.
Solanacées : Cyphomandra betacea, tomate en arbre, arbre à tomates : tomate en arbre ou tamarillo sont souvent employés, fruits comestibles bien mûrs.
Elaeagnacées : Elaeagnus umbellata : baies d’argent, olive d’automne, tous les éléagnus ont des fruits comestibles très riches en vitamines, j’en fais des confitures.
Fagacées : Fagus sylvatica, hêtre commun, fayard : faîne, utilisé pour les boissons.
Moracées : Ficus carica, figuier comestible : figue, comestible.
Elaeagnacées : Hippophae rhamnoides, argousier, saule épineux : argouse, olive de Sibérie, comestible.
Cannabidacées : Humulus lupulus, houblon : cône, utilisé pour faire la bière.
Cupressacées : Juniperus communis, genévrier commun : galbule, genièvre, baie de genévrier, utilisé en aromate et pour des boissons.
Rosacées : Malus, pommier : pomme, comestible.
Rosacées : Mespilus germanica, néflier : nèfle, comestible en début de blettissement.
Moracées : Morus alba, mûrier blanc, mûrier commun : mûre, comestible mais sans intérêt, préfèrez les mûres de Morus nigra pour faire la confiture.
Anacardiacées : Pistacia terebinthus, pistachier térébinthe : drupe, comestible mais préfèrez Pistacia vera qui donnent les vraies bonnes pistaches.
Rosacées : Prunus avium, merisier des oiseaux : merise, comestible.
Rosacées : Prunus brigantina, prunier de Briançon, abricotier de Briançon : marmotte, comestible.
Rosacées : Prunus cerasifera, prunier-cerise, myrobalan, prunier myrobalan, cerisier à fleurs : drupe, comestible.
Rosacées : Prunus cerasus, griottier : griotte, comestible.
Rosacées : Prunus spinosa, Prunus x fruticans, prunellier : prunelle, comestible en début de blettissement.
Rosacées : Pyrus, poirier : poire, comestible.
Fagacées : Quercus, chêne : gland, utilisé dans les boissons.
Grossulariacées : Ribes, groseillier, cassis, cassissier : baie, cassis, castille, grade, groseille, groseille à grappes, groseille à maquereau, guédelle, raisinet, comestible.
Papilionacées/Légumineuses : Robinia pseudoacacia, robinier, faux acacia : gousse, fleurs comestibles en beignets.
Rosacées : Rosa canina, églantier, églantine, rosier des chiens, rose sauvage : cynorrhodon, gratte-culs, pseudo-fruits comestibles mais à récolter blets.
Rosacées : Rubus fruticosus, ronce : mûron, comestible, on emploie couramment le mot mûre à tort, fruit du Morus.
Caprifoliacées : Sambucus nigra, sureau commun, sureau noir, grand sureau, susier, suseau, sambuce, arbre de Judas, : baie, comestible. Je fais des confitures, des robs avec les fruits et des beignets avec les fleurs.
Rosacées : Sorbus aria, allier, alisier blanc, alouchier, allouchier : alouche, fruit comestible de préfèrence cuit.
Rosacées : Sorbus aucuparia, sorbier des oiseleurs : sorbe, comestible.
Rosacées : Sorbus domestica, cormier : corme, comestible blette.
Rosacées : Sorbus torminalis, alisier : alise, alize, comestible de préfèrence cuite.
Taxacées : Taxus baccata, if : arille, seule la partie charnue du fruit est comestible, tout le reste de la plante est très toxique ; mieux vaut s’abstenir d’en consommer si l’on a peur de laisser passer un noyau dans la confiture.
Rutacées : Triphasia trifoliata : orangine, comestible.
Ericacées : Vaccinium, Vaccinium vitis-idaea, airelle : airelle, comestible.
Ericacées : Vaccinium angustifolium, airelle à feuilles étroites : bleuet, comestible.
Ericacées : Vaccinium macrocarpon, airelle à gros fruits, canneberge à gros atocas : atoca ou ataca, comestible.
Ericacées : Vaccinium myrtillus, myrtillier, arbrêtier : myrtille, comestible.
Ericacées : Vaccinium oxycoccos, canneberge, cranberry : canneberge, grande airelle, comestible.
Caprifoliacées : Viburnum trilobum, viorne trilobée : pimbina, comestible, à récolter après les gelées.
J’espère vous avoir été utile en écrivant cet article et je suis sûre que maintenant, vos placards regorgeront de confitures toutes plus délicieuses les unes que les autres.
Côté cuisine, pour les recettes de tous ces fruits :
- pour les baies : comme pour la recette des mûres, pardon des mûrons ;
- pour les drupes : comme pour une recette de confiture de prunes.
Bravo à tous ceux qui ont fait le jeu.
Kenavo.
Recette du Far breton ou Far four
Recette du Far four, Farz fourn
Une recette de Bretagne
Pour 1 plat aux dimensions suivantes : 38 cm sur 26 cm, hauteur de 4 cm.
Vous pouvez bien sûr choisir une autre dimension de plat, le far sera plus ou moins épais mais n’oubliez pas de garder une hauteur de 3 à 4 cm.
Vous commencez par allumer le four sur thermostat 220. Il faut attendre que le pré-chauffage soit terminé pour enfourner la pâte, sinon le far aura l’aspect d’un flan.
Ingrédients :
4 beaux oeufs,
7 cuillerées bien bombées de sucre,
1 pincée de sel fin,
3 cuillerées de crème liquide,
30 gr de beurre salé,
9 cuillerées bien bombées de farine blanche,
1 litre de lait.
Dans une terrine, vous mélangez les oeufs et le sucre, puis le sel, la crème fraîche, le beurre fondu.
L’ensemble doit être homogène et sans grumeaux.
Petit à petit, on ajoute le lait.
Bien beurrer le plateau et y verser la pâte.
La cuisson d’un far se surveille et pas question d’aller faire un tour au jardin pendant ce temps.
Car le far va gonfler par endroits et il faudra régulièrement crever les bulles avec une longue fourchette et surtout, ne pas oublier de porter un gant.
On se brûle trop rapidement autour d’un four et c’est très douloureux.
Arrêtez la cuisson quand vous estimez que le far a pris de belles couleurs, un peu doré, un peu blond, un peu brun par endroits.
Pour être sûr de la bonne cuisson, piquez une fourchette dans le gâteau et voyez si elle ressort bien sèche.
A votre pâte, vous pouvez aussi ajouter des raisins secs ou des pruneaux que vous aurez préalablement fait tremper dans une tasse de thé léger chaud.
Bon appétit.
Dès que je fais un far : des photos viendront agrémenter cet article et j’ajouterai, pour certains ingrédients, l’équivalent en poids.
